L’intégration des maquis de la Vienne dans le 125e RI
Si le département de la Vienne est libéré au début de septembre 1944, la guerre n’est pas pour autant terminée. Nombreux sont encore les territoires français sous occupation allemande. Sur le littoral de l’Atlantique, dans ses camps retranchés formant des « poches » (La Rochelle, Royan, Saint-Nazaire), l’ennemi résiste toujours.
Dès lors, les maquis des départements du Sud-Ouest vont servir de creuset pour éradiquer ces poches littorales. Par 2 décrets, en septembre 1944, les FFI sont intégrés à l’armée régulière et regroupés en bataillons de marche d’infanterie. Les engagements sont fondés sur la base du volontariat jusqu’à la fin de la guerre, plus trois mois supplémentaires.
Le 125e régiment d’infanterie qui, dans les bâtiments de la caserne Rivaud, a tenu une place importante à Poitiers, avait été dissous en 1923, remis sur pied en 1939 et de nouveau dissous en 1940. Sa reconstitution en 1944 permet à de nombreux maquisards de la Vienne de continuer le combat jusqu’à la victoire. L’effectif de cet enrégimentement volontaire est de 60 % par rapport au nombre de FFI dans le département.
Le dimanche 19 novembre 1944, place d’Armes, a lieu la remise de leurs fanions aux 2e et 3e bataillons du 125e RI par le colonel Maurice Fourrier, commandant la 9e région militaire, en présence d’André-Marie Trémeaud, préfet délégué de la Vienne, de Pierre Guillon, maire de Poitiers, et du colonel Bernard (Félix Chêne), chef des FFI du département. Une foule compacte massée sur les trottoirs, assiste à la cérémonie. Après l’allocution du colonel Fourrier, les troupes défilent aux accents de marches militaires, sous les applaudissements nourris et prolongés des Poitevins. Gabriel Thiant, chef du maquis Noël, écrit dans son livre Combats sans gloire : « Ils sont fiers, heureux même, ceux qui défilent ; que leur importe leur accoutrement ridicule, leur armement désuet ; le cœur est solide, le corps vaillant et la France a encore besoin d’eux, leur tâche n’est pas finie. Des femmes ont pleuré, des hommes ont essuyé leur larme, d’autres ont ri comme si l’on pouvait prendre au sérieux cette armée de va-nu-pieds. Et pourtant ces hommes, des mois durant, venaient de se battre, de servir leur pays ».
Le 125e RI est intégré aux Forces Françaises de l’Ouest (FFO) commandées par le général de Larminat et spécialement aux Forces Françaises de l’Aunis qui, sous les ordres du colonel Bernard, participent à l’encerclement de la poche de La Rochelle. Certains éléments sont envoyés dans la poche de Saint-Nazaire. Après la capitulation du Reich, le 8 mai 1945, et la reddition des troupes allemandes sur le Front de l’Atlantique, le 125e régiment d’infanterie est une nouvelle fois dissous.
Jean-Marie Augustin
Document : Défilé, rue Carnot à Poitiers, du 2e bataillon du 125e RI en partance pour le front de La Rochelle, Arch. dép. de la Vienne.
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