La retraite de la colonne Elster dans la Vienne

En août 1944, les Alliés, ont gagné la bataille de Normandie et sont sur la Loire. La 7e armée américaine et la 1ère armée française, débarquées le 15 août en Provence, avancent rapidement dans la vallée du Rhône. En conséquence, les unités allemandes d’occupation dans le Sud-Ouest risquent d’être prises en tenaille et doivent se replier au plus vite vers l’Allemagne.

La reddition du général Botho Elster à Beaugency (Loiret) en présence du général Macon commandant la 83e division d’infanterie américaine, Air Force Historical Research Agency

            En août 1944, les Alliés, ont gagné la bataille de Normandie et sont sur la Loire. La 7e armée américaine et la 1ère armée française, débarquées le 15 août en Provence, avancent rapidement dans la vallée du Rhône. En conséquence, les unités allemandes d’occupation dans le Sud-Ouest risquent d’être prises en tenaille et doivent se replier au plus vite vers l’Allemagne.

            L’ordre de repli est donné le 19 août. L’opération est habillée en action militaire contre les « terroristes » français. En réalité, elle vise à gagner au plus vite la Trouée de Belfort, tout en détruisant au passage les maquis rencontrés. Trois groupements de marche sont constitués dont celui qui, fort de 25 000 hommes, est commandé par le général Botho Elster. Celui-ci est un officier de valeur dans la tradition prussienne, peu apprécié des nazis. Sa nomination s’explique par le fait que les généraux mieux considérés sont au front.

Les forces sont composées d’éléments disparates mais fortement armés, formant un groupement de marche d’où le nom de « colonne Elster » et non de division, qui lui est resté. Elle progresse avec les moyens qui lui restent : motorisation, voitures à cheval, charrettes, bicyclettes. Beaucoup d’hommes sont à pied, dépenaillés, affamés, épuisés. Il y a parmi eux des non Allemands comme des Hindous, des Russes et des Ukrainiens. Tout ce qui roule fait l’affaire ; les soldats réquisitionnent sur place ou pillent selon les circonstances. Il en va de même pour les vivres ; privées de ravitaillement, les troupes doivent se nourrir sur le pays.

Le chemin du Limousin étant fermé en raison de la libération de la région déjà bien avancée (Limoges est libérée le 21 août), la route la plus rapide s’avère passer par le seuil du Poitou. Aux environs du 22 août, Poitiers devient la plaque tournante du repli allemand. Il est impossible d’emprunter les nationales, car les convois risqueraient d’être détruits par les bombardements alliés. Restent les routes secondaires, avec la menace d’être attaqué par les maquis. Les combats sont suivis de terribles représailles sur les civils comme à Saint-Maurice-la Clouère et Bondilly.

Des négociations sont entreprises par l’intermédiaire du père Fleury et du préfet régional Louis Bourgain, pour opérer une reddition au maquis de la Vienne, mais le général Elster, chef d’une armée régulière, refuse de se rendre à des partisans qu’il qualifie de « terroristes rouges ». Il finit par signer sa reddition à la sous-préfecture d’Issoudun, le 10 septembre. Puis ils se rend en présence du général Macon commandant la 83e division d’infanterie américaine à Beaugency (Loiret) avec les honneurs militaires pour ses troupes.

Ce texte est issu d’une série d’articles commandés par La Nouvelle République à Jean-Marie Augustin pour marquer l’année du 80e anniversaire de la Libération, dans la Vienne.

Cette série d’articles est regroupée dans un dossier sur le site internet lanouvellerepublique.fr, accessible avec le lien suivant :
https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/1944-1945-la-chronique-de-la-liberation-de-la-vienne