10 août 2024 : La naissance du maquis de Scévolles
En avril 1944, Charles Dubois (« Charlot »), plombier-zingueur à Monts-sur-Guesnes, structure un groupe d’une quinzaine de résistants qui habitent le bourg et les communes alentour, sans prendre le maquis, ni couper les ponts avec leur famille. Le 4 mai, Roger Léger, géomètre (« Richelieu »), et René Muselet (« Valmy ») décident de faire de même à Saint-Jean-de-Sauves.
En avril 1944, Charles Dubois (« Charlot »), plombier-zingueur à Monts-sur-Guesnes, structure un groupe d’une quinzaine de résistants qui habitent le bourg et les communes alentour, sans prendre le maquis, ni couper les ponts avec leur famille. Le 4 mai, Roger Léger, géomètre (« Richelieu »), et René Muselet (« Valmy ») décident de faire de même à Saint-Jean-de-Sauves. Dans la nuit du 14 au 15 juillet, les deux groupes participent à la réception d’armes et de munitions qui sont parachutées près de Lencloître. Un second parachutage a lieu dans la nuit du 7 au 8 août près de Martaizé. Le butin est caché dans les caves du château de Dandésigny (com. de Verrue).
Le 10 août, une réunion des chefs locaux de la Résistance à laquelle prend part un jeune étudiant juif venu de Saumur, René Mabileau, se tient à Monts-sur-Guesnes. Les armes et les munitions stockées à Dandésigny doivent être récupérées pour être distribuées aux combattants, et il est décidé de créer un maquis dans la forêt de Scévolles, située à proximité. Le lendemain, 5 hommes s’y installent sous les ordres de Mabileau, (« Le Ptit Rouquin »), mais celui-ci est tué par erreur le 15 août à la suite d’un mitraillage d’avions britanniques. Le commandement est ensuite assuré par Pierre Séchet (« capitaine Henry »). Les maquisards affluent par dizaines jusqu’à former un effectif de 800 hommes à la Libération avec les groupes satellites. Les parachutages d’armes s’intensifient, ce qui permet d’entraver l’avancée puis la retraite de l’ennemi : SS faits prisonniers du côté de Gennes – Les Rosiers (Maine-et-Loire), sabotage de la ligne de chemin de fer entre Châtellerault et Ingrandes, évasion de prisonniers nord-africains à Nouâtre (Indre-et-Loire), attaques de véhicules et de convois allemands, capture à Chaveignes (Indre-et-Loire) d’Allemands et de Russes incorporés, etc.
À partir du 20 août, les maquisards de Monts-sur-Guesnes prennent leurs distances avec le maquis de Scévolles et forment le groupe des « Indépendants » qui se contente de contrôler les routes aux alentours. Le 30 août, un convoi de cyclistes allemands, de véhicules armés et de side-cars, est signalé sur la route forestière qui relie Angliers à Guesnes. Le maquis croit à une attaque de son camp situé à Bouretard (com. de La Roche-Rigault) et de son PC au château de La Guérinière (com. de Guesnes). En fait, ces soldats empruntent des routes discrètes pour fuir le pays en évitant de se faire repérer. Les maquisards les attendent pour les prendre en embuscade au Gaudier (com. de Guesnes). L’assaut est long et violent. Beaucoup d’ennemis sont tués et trois maquisards perdent la vie ; parmi ces derniers, le chef saboteur Jean Sibileau (« Serfouette »). Le 1er septembre, le maquis de Scévolles pénètre victorieux dans la ville de Loudun, abandonnée la veille par les Allemands.

Ce texte est issu d’une série d’articles commandés par La Nouvelle République à Jean-Marie Augustin pour marquer l’année du 80e anniversaire de la Libération, dans la Vienne.
Cette série d’articles est regroupée dans un dossier sur le site internet lanouvellerepublique.fr, accessible avec le lien suivant :
https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/1944-1945-la-chronique-de-la-liberation-de-la-vienne