Georges Angéli, un exemple de résistance à Buchenwald

samedi 1 octobre 2011 dans Déportation
Georges Angéli, bien que pacifiste par nature, s'engagea le 18 juillet 1939 pour trois ans. En septembre éclata la "Drôle de guerre" puis vint la débâcle. Il fut embarqué pour l'Algérie sur le "Champollion". Au cours de la traversée, il apprit le 23 juin 1940 le "cessez le feu". Il devint alors selon son expression "militaire civil" pour terminer les deux ans de son engagement. De retour en France, il fut requis par l'organisation Todt à la Pallice en septembre 1942. Il déserta de ce travail obligatoire en avril 1943 et devint clandestin comptant rejoindre les forces combattantes par l'Espagne. Il fut arrêté le 7 mai 1943 et déporté à Buchenwald du 28 juin 1943 au 26 avril 1945. Il termina sa vie à Châtellerault et décéda en 2010.

Pierre Sudreau ministre du Général de Gaulle, Guy Ducoloné député communiste et Georges Angéli, déportés à Buchenwald.(collection privée L.C. Morillon, don de G. Angéli)

Georges Angéli déporté (collection privée L.C. Morillon, don de G. Angéli)

L'arbre de Goethe juin 1944(photo prise à Buchenwald par Georges Angéli). Collection privée L.C. Morillon, don de G. Angéli.

Pister, le commandant de Buchenwald (collection privée L.C. Morillon, don de G. Angéli)

Buchenwald - four crématoire (Collection privée L.C. Morillon, don de G. Angéli)

Déportés à Buchenwald (Collection privée L.C. Morillon, don de G. Angéli)

Extrait du serment de Buchenwald

Lettre république allemande à Georges Angéli

2 avril 2016, hommage de Vouneuil sur Vienne à Georges Angéli. Inauguration de la salle des fêtes à son nom.

La fille de Georges Angéli découvre la plaque, entourée de Pierre Fayard, secrétaire général de l'association Buchenwald Dora, Wilfried Krug, consul général d'Allemagne à Bordeaux, Ludovic Pacaud, sous-préfet.

Un exemple de résistance à Buchenwald

« Georges Angéli est déporté à Buchenwald en 1943. Il est affecté au Kommando photos. Ses investigations le conduisent à découvrir des albums renfermant des documents officiels nazis qui illustrent l’organisation d’un camp de concentration . Il répertorie les numéros des photos  les plus parlantes avec l’intention de les développer quand l’occasion lui en sera offerte. Il découvre aussi dans le faux grenier des appareils photos amateurs et subtilise deux pellicules. Un dimanche après-midi de juin 1944, dissimulant l’appareil dans du papier journal, il prend des clichés du camp avec l’aide de ses camarades José Fosty, Raymond Montégut et André Maes (qui simulent une dispute pour attirer sur eux l’attention afin de laisser Georges Angéli libre de ses mouvements). Ces vues du petit camp et du grand camp, le crématoire, le poste d’entrée, l’arbre de Goethe avec la cuisine et le magasin d’habillement deviendront des témoignages accablants. »

 

Ces  photos,  prises avant la libération des camps, ont eu un retentissement international. Dès 1950 il est invité en RDA (République Démocratique Allemande) en qualité « d’ambassadeur de la France » pour présenter son album de photos. Il sera par la suite  invité à Weimar et à Bonn.

Co-auteur d’un livre  « Mémoire des camps 1933/1949 » avec Clément Chéroux, George Rodger et Naomi Teréza Salmon il sera de tous les combats pour perpétuer la Mémoire, fidèle ainsi  à son serment de Buchenwald.

 

                                            Rédigé par Louis-Charles Morillon

Sources :

In La répression dans la Vienne 1940/1944 p 72 de Louis-Charles Morillon édité par l’ADIRP de la Vienne.

Documents : collection personnelle de LC Morillon, don de Georges Angéli.

 

Liens en rapport avec cet article

http://www.buchenwald-dora.fr