La mission du Père FLEURY au camp de DACHAU

vendredi 25 février 2005 dans Retour de déportés
Voici des photographies prises par les membres de la mission du COSOR de la Vienne en mai - juin 1945 et des extraits du rapport du Père Fleury, parti chercher des déportés de la Vienne au camp de Dachau.

Le père Fleury ( 2° à gauche) entouré des déportés revenus avec lui

Retour de déportés : Le Père Fleury, Monseigneur Metzinger et M. Petit (futur commissaire de police de Poitiers puis adjoint au maire de Ligugé)

Le 5 mai 1945, le Commissaire de la République, Monsieur SCHULER lance l’idée d’une mission en Allemagne pour ramener les déportés de la Vienne. Le Père Fleury (aumônier du camp de la route de Limoges) propose de participer à "l’expédition". Dirigeant alors le Comité des Oeuvres Sociales de la Résistance (C.O.S.O.R) avec Monsieur Henri Février, il décide de frêter un car des Rapides du Poitou et de partir chercher les déportés de la Vienne internés au camp de Dachau.

Après maintes péripéties, l’expédition arrive au camp qui vient d’être libéré. Une épidémie de typhus s’y était déclarée. Accompagné d’un étudiant en médecine, Jacques Chalut, lui-même rapatrié de Buchenwald, le Père FLeury rassemble un certain nombre de Poitevins. Mais il doit surmonter de multiples difficultés pour les ramener à Poitiers. Outrepassant les ordres du Général De Lattre de Tassigny qui les avait consignés en quarantaine en raison du typhus, il lui faut négocier avec les autorités américaines qui finissent par accepter une liste de 96 rapatriables :

" Au moment où nous nous regroupâmes au delà des barbelés, des dizaines d’hommes se soulevèrent d’un élan unanime... Chacun respirait plus à l’aise. Une immense satisfaction brillait dans leurs regards..."

Alors qu’il se trouve à Mulhouse, dernière étape avant Poitiers, le Père Fleury conclut en ces termes :

" Les gens de Dachau affluaient, rapatriés dans des camions rapides que conduisaient des noirs américains. Ainsi, huit jours après notre passage, le camp de Dachau était entièrement libéré. On venait de brûler l’ancien camp où les détenus avaient été entassés jusqu’à trente mille...Notre insistance était sans doute pour quelque chose dans ce rapatriement plus rapide et massif de tous les déportés de Dachau."

Sources :

-Rapport du Père Fleury au COSOR, juin 1945

-Centre Presse , 28 Avril 1995, article de Rolland Barrat.

Texte rédigé par Marie-Claude ALBERT