La presse sous l'Occupation

mardi 14 avril 2009 dans L’information clandestine
"La création d’une information clandestine est la première forme de résistance"

fac similé du N°30 du 4 janvier 1941 présenté dans les coffrets de "Résistance". Ces tracts étaient ronéotés par les étudiants des jeunesses communistes.

Combat" N°38 de décembre 1942 expédié par la poste, sous enveloppe anonyme, découvert et saisi par la poste comme l’indique le tampon."Combat" né du réseau de résistance combat est diffusé en zone sud de novembre 1940 à juillet 1944.

Copie Tract R.A.F. avril 1943

Ronéo (Musée de Tercé -86)

LA PRESSE OFFICIELLE :

Le contrôle de la presse de la radio et du cinéma a été une priorité de Goebbels, maître de la propagande nazie. Une loi sur la presse est donc instituée dont l’article 14 ordonne aux rédacteurs en chef de « considérer comme interdite la publication de tout ce qui d’une manière quelconque peut tromper le public , mêler des buts égoïstes aux buts de la nation, porter atteinte à la force du Reich allemand au dehors et à l’intérieur, à la volonté commune du peuple allemand, à la défense de l’Allemagne, ou qui peut offenser l’honneur ou la dignité de l’Allemagne. »
Les pays occupés sous contrôle allemand et, en France avec la collaboration de Vichy, subissent cette censure. Les journaux de la Vienne les plus lus de l’époque : « La Dépêche du Centre », « L’avenir de la Vienne » et « L’écho de Châtellerault » n’échappent pas à cette censure. Leur lecture aux archives de la Vienne présente les résistants comme « des terroristes, d’odieux criminels unanimement condamnés par une foule émue. » (1)
La radio nationale (2) diffuse à la TSF d’identiques émissions nationales à la gloire du régime en place et du 3éme Reich .

LA PRESSE CLANDESTINE :

Les réseaux de résistance parfois, très tôt fin 1940, s’organisent et par réaction à cette censure décident la création d’une information clandestine. C’est la première forme de résistance.
Cette tâche est difficile à réaliser compte tenu du manque de spécialistes de l’imprimerie, de matériel, de locaux suffisamment vastes et discrets pouvant échapper à la surveillance étroite, et du manque de produits contingentés : encre, pellicules, papier .
Au début, de simples tracts écrits à la main et recopiés par des volontaires sont collés sur les murs ou les poteaux. Puis de petites ronéos permettent l’impression de plusieurs centaines de petits journaux d’une page. La presse clandestine est née et va faire connaître au cours des années noires :
« Combat », « Le franc-tireur » « Défense de la France », « L’humanité », « Témoignage chrétien », « Libération », « l’avant-garde » entre autres.


Dans la Vienne, Le Réseau Louis Renard fonde dès 1940" LE LIBRE POITOU " présenté par Roland Barrat dans ce même chapitre.
Mais également à Châtellerault sont distribués le 24 septembre 1940 des tracts et un petit journal « La vérité ».

Rédigé par Louis-Charles Morillon

Sources :

1) affiche émise par la préfecture de la Vienne le 18 juin 1943 « En l’espace de trois mois, des terroristes ont commis trois assassinats dans le département de la Vienne . »

2) Emissions de Radio Paris.

3) Article 14 . Loi sur la presse du Reich du 4 octobre 1933 in William L.Shirer, Le troisième Reich, p 268.

4) in Louis-Charles Morillon, La répression dans la Vienne, édité par l’ ADIRP,"1942", p.12.