Concours National de la Résistance et de la Déportation 1er prix collèges devoir individuel 2011 - Alexia BLOUDEAU Collège Camille Guérin Poitiers

jeudi 30 juin 2011 dans Concours 2011
"La répression de la Résistance désigne toutes les formes de violences employées dans la France occupée, de 1940 à 1944, pour punir des hommes et des femmes qui ont commis des actes ou qui sont susceptibles d'en commettre contre l'occupant et ses collaborateurs".

La lauréate et son professeur

Première partie : questions sur les documents

 1°)  Les acteurs français et allemands de la répression sont : le gouvernement de Vichy, la SIPO-SD dirigée par Karl OBERG, la milice créée en 1943 par Vichy, la police française, les autorités allemandes de la S.S.

2°)  Les formes de répression mises en œuvre sont : la torture souvent lors d’interrogatoires, les arrestations, les déportations et des résistants internés.

3°)  Pour les résistants, être arrêté est généralement le début d’une terrible épreuve. Ils doivent mobiliser leur ressource intellectuelle et faire preuve de courage pour résister aux interrogatoires épuisants, à la torture, dans des transports où les conditions d’hygiène sont souvent déplorables et sous la menace de la mort.

4°)  Jusqu’au 19 août 1944, le nombre de résistants arrêtés puis internés, exécutés ou déportés ne cesse de s’accroître.

Deuxième partie : rédaction

La répression de la résistance désigne toutes les formes de violence employées dans la France occupée, de 1940 à 1944, pour punir des hommes et des femmes qui ont commis des actes ou qui sont susceptibles d’en commettre contre l’occupant et ses collaborateurs. Malgré des formes diverses et changeantes selon les régions et les périodes, cette répression va dans le sens d’un alourdissement général au cours de la guerre, qui reflète notamment le poids croissant de la résistance en France.

Après les tragiques évènements de mai-juin 1940, la population française ne résiste pas en masse contre l’occupant, la défaite ayant par sa brutalité provoqué un profond traumatisme. Néanmoins, dès les premiers jours de l’occupation, des actes de résistance, fruits d’individus isolés ou de petits groupes apparaissent : rédaction de journaux ou de tracts, évasions de prisonniers français. Certains, peu nombreux, cherchent à rejoindre Londres pour continuer le combat au sein de la France Libre du Général De Gaulle. Tous encourent des peine sévères appliquées dès les premiers temps de l’occupation. Deux acteurs jouent un rôle essentiel dans la répression de la résistance : les autorités allemandes et le régime de Vichy du Maréchal Pétain. Néanmoins le commandement militaire allemand en France (MBF) est l’acteur principal, via ses différents services de police, jusqu’à l’été 1942 en zone nord occupée, avec la participation active du régime de Vichy. Dès le mois de juin 1940, les autorités allemandes procèdent à l’arrestation de plusieurs centaines de lycéens et d’étudiants. Parallèlement, les résistants agissant au sein des réseaux de renseignement alliés ou de la France Libre sont traduits comme espions et jugés devant des tribunaux militaires souvent après avoir été torturés. Au printemps 1941, le commandement militaire allemand organise , dans le cadre de sa répression judiciaire, les premières déportations dans les prisons du Reich pour des condamnés à de lourdes peines. Après l’invasion de l’Union Soviétique par la Wehrmacht, le Parti Communiste Français s’engage dans une stratégie nouvelle de lutte armée : les premiers attentats contre des officiers allemands à Paris, puis en province, entraîne une brutale réaction de l’occupant, soucieux de venger ses morts et inquiet devant la menace pour la sécurité de ses troupes. La radicalisation vise aussi à intimider la population. Le MBF a donc très vite recours à une répression extrajudiciaire. A partir de septembre 1941, un décret allemand prévoit l’exécution de 50 à 100 otages en priorité communistes, pour la mort d’un soldat allemand. Ainsi le 22 octobre 1941, 48 otages majoritairement issus du camp d’internement de Châteaubriant sont fusillés par les allemands, en représailles au meurtre de l’un de leurs officiers à Nantes. Sur la seule période allant de septembre 1941 à juin 1942, 473 otages sont fusillés par les allemands. Ces exécutions provoquent une émotion importante en France et creuse le fossé entre l’occupant et l’opinion française. En décembre 1941, l’Allemagne nazie promulgue le décret « Nacht und Nebel » (Nuit et brouillard), la déportation de résistants. Ces déportations se poursuivent jusqu’à l’été 1944 et sont assurées à partir de 1942 par la SIPO-SD. La SIPO-SD, avec l’aide de policiers français porte des coups durs aux organisations de résistance. C’est ainsi que le réseau Louis Renard, dans la Vienne, est démantelé en septembre 1942.

Les forces de police sont de plus en plus réticentes à réprimer directement l’action de la Résistance. Pour cela et du fait de la radicalisation du régime de Vichy, la milice est constituée en janvier 1943, sous le commandement de Joseph Darnand. A l’automne 1943, les autorités allemandes constatent la montée en puissance de la Résistance. Dès lors l’occupant est forcé d’utiliser ses troupes dans une lutte « contre les bandes », c'est-à-dire contre les maquis, dans certains secteurs du Massif Central, du Jura et des Alpes. Dans le même temps, le nombre de condamnations à mort augmente sensiblement, suite à des procès parfois à grand spectacle comme celui des 23 membres du groupe Manouchian(*). Condamnés à mort, la plupart des 23 membres sont exécutés au Mont-Valérien, ou plus de 1000 otages et résistants ont été tués pendant la guerre. Les unités de la milice participent directement aux actions de répression, contre les maquis avec les unités militaires allemandes comme en février-mars, sur le plateau des Glières. Suite au débarquement allié en Normandie (6juin 1944) et en province (15 août 1944), une logique de guerre totale domine progressivement. Les unités de la milice participent aux actions de répression à l’encontre des civils soupçonnés d’aider ou d’être favorables aux résistants. La plus importante de ces actions a lieu, le 10 juin 1944, dans le village d’Oradour sur Glane, près de Limoges où 634 personnes, hommes, femmes et enfants y sont massacrés par les S.S. Enfin, jusqu’en 1945, de nombreux résistants sont exécutés sommairement dans les camps de concentration. N’oublions pas que pour bon nombre de résistants, être arrêté est généralement le début d’une terrible épreuve. Ils doivent mobiliser leurs ressources intellectuelles et faire preuve de courage pour tenir sous la pression des interrogatoires épuisants, de la torture et dans des conditions d’hygiène déplorables, sous la menace permanente de la mort.

On estime aujourd’hui à plus de 85000 le nombre de déportés dits politiques envoyés dans des camps de concentration. Au total, 60000 résistants ont péri dans des combats, sous la torture, devant les pelotons d’exécution ou dans les camps de concentration. 4 à 5000 civils sont morts victimes de représailles allemandes. Ce bilan de la répression dans la Vienne illustre ce lourd bilan : 188 fusillés, 515 déportés domiciliés dont beaucoup ne sont pas revenus. Le souvenir de la répression marque profondément l’après – libération. Les procès contre l’occupant et ses collaborateurs rappelle les crimes commis et les sanctionnent souvent lourdement. Pour ne pas oublier ce qu’ont vécu beaucoup de résistants et beaucoup de ceux qui les soutenaient, des plaques, des stèles sont réalisées partout en France.

La répression demeure ainsi une composante importante de la mémoire de la Résistance en France.

 

(*) Ce procès a été précédé d’une curieuse affiche de propagande, la tristement célèbre « Affiche Rouge ».

           devoir d'Alexia BLOUDEAU