Hommage rendu par le collectif VRID en mars 2017, lors des obsèques de son Président.

lundi 20 novembre 2017 dans VRID ?
Le collectif VRID a rendu hommage à son président décédé en mars 2017.


Jean Amand a deux ans en cette terrible année 1941.Terrible pour ceux qui, à cette époque, ont su dire non et résister à l'occupant et au régime de Vichy alors en place.
Jean a deux ans en juin 1941 lorsque son père René Amand impliqué dans la résistance communiste est arrêté et conduit avec d'autres camarades au camp de la Chauvinerie à Poitiers.Transféré au camp de Compiègne-Royallieu il sera acheminé le 6 juillet 1942 dans le convoi dit des « 45 000 » par référence au numéro matricule affecté aux déportés à leur arrivée à Auschwitz.
A deux ans, on n'a que peu de souvenirs et Jean ne connaîtra jamais ce père qui ne reviendra pas de ce sinistre camp de la mort. Il sera, dès lors, blessé dans son âme d'autant plus que sa tante Louise Lavigne et son oncle également engagés dans la résistance communiste seront également déportés et ne reviendront pas des camps de la mort.

Très jeune, Jean Amand adhèrera à la FNDIRP (La Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes) où il fera le serment de ce qu'on appelle aujourd'hui le devoir de mémoire. Pendant plus d'un demi-siècle il ne dérogera à ce serment. C’est donc tout naturellement que peu après la naissance du site informatique vrid memorial.com, il y a une quinzaine d'années déjà, il fut sollicité pour présider cette association.
« Vienne résistance internement déportation » ce site historique créé d'abord par d'anciens résistants, des historiens mais aussi par ceux qui enfants comme Jean en 1941 ont été blessés dans leur âme a considérablement grandi.

Il fallait toute la conviction, tout le sérieux, toute l'implication de cette équipe profondément renouvelée pour réussir la crédibilité que VRID connaît aujourd'hui .Mais c'est Jean Amand qui par sa persévérance, son sens de l'écoute de chacun, sa bonhomie mais aussi ses convictions tolérantes a su faire de ce collectif, étoffé maintenant de cinq historiens, un groupe de travail et de recherches efficace. Je voudrais le citer dans une lettre du 23 décembre 2008.

« Vous m'avez fait l'honneur de me confier la présidence de VRID. Je vous ai dit dès le premier jour, que je serai avant toute autre considération un président fédérateur de toutes les valeurs de la Résistance, de l'Internement et de la Déportation dans la Vienne et dans toute la France. L'histoire de la Résistance, de l'Internement et de la Déportation ne sont et ne seront jamais la propriété d'un groupe, d’une pensée philosophique, politique ou religieuse. »

Cet esprit fédérateur et amical, voulu par Jean, anime Vrid aujourd’hui. C’est le plus bel hommage qui peut lui être rendu.

Au nom du collectif VRID je voudrais exprimer notre profonde tristesse et présenter à Danielle son épouse, à Louis, à François ses enfants et à toute sa famille nos sincères condoléances.


Le collectif VRID