ILS ONT AIDE DES ENFANTS JUIFS - V -

mardi 13 novembre 2007 dans Internement
Les Justes de la Vienne

Plus des trois quart des Juifs qui résidaient en France furent sauvés de la déportation. C’est grâce à l’attitude de la population. Spontanément, les voisins, les fonctionnaires, les amis, préviennent ou cachent ceux qu’ils ne connaissent bien souvent que depuis peu.
Tous ont agi au « péril de leur vie », guidés par leur conscience, leur générosité et surtout avec le plus grand désintéressement.

Certains reconnus « Justes des Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d’honneur ainsi qu’une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier ». D’autres resteront méconnus.
Outre les entreprises individuelles, des réseaux, filières ou groupes s’organisent.
Le département de la Vienne est traversé par la ligne de démarcation dont le périlleux franchissement, grâce aux « passeurs », pouvait mener à la liberté.

Parmi les 30 Justes des Nations de la Vienne, se trouvent :
Hélène Durand, professeur du Lycée Victor Hugo, s’engage avec le Père Fleury dans l’aide aux juifs. Elle cache le doyen de la faculté des sciences et sa famille la veille de la grande rafle du 15 oct. 1942. Elle fait passer des messages pour les internés. Elle héberge deux jeunes juives. Elle accueille Régine Breidick, la secrétaire d’Elie Bloch, menacée d’arrestation et organise sa cache à 50 Kms de Poitiers.
Avec Constance de Saint-Seine, elle se spécialise dans la confection de faux-papiers.
Constance de Saint-Seine, professeur, s’active à fabriquer ces faux papiers qui permettent à des enfants juifs d’être placés dans des familles.
Elles font partie des Jeunesses Etudiantes Chrétiennes rattachées au mouvement clandestin du Témoignage Chrétien rejoint par le Père Fleury en septembre 1943. Il reste le cœur et l’âme du sauvetage des juifs dans la Vienne.
La situation de Suzanne Bourlat et d’Aline Peltier-Renaudin semblent démontrer que plusieurs filières catholiques opèrent à Poitiers,souvent sans se connaître. A partir de 1943, elles coopèrent avec le Père Fleury. Toutes deux sont assistantes sociales et s’occuperont de nombreux enfants. A la Libération elles les ramèneront à leur famille ou les confieront à l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants ). Pierrette Poirier assiste le rabbin et le père.

Dans le groupe qui gravite autour du Père Fleury, deux jeunes catholiques occupent une place stratégique dans l’administration préfectorale. Hélène Marzellier et Jeanne Fayolle. Elles préviennent ou font prévenir les intéressés quand leur arrestation est prévue. Les juifs prévenus sont pris en charge par plusieurs filières.

Les filières de camouflage et de passage forment un réseau rendu efficace par le concours de nombreux intermédiaires, passeurs, convoyeurs dont l’importance n’est plus à démontrer. Ces réseaux sont composés d’hommes et de femmes de grand courage.

Ils sont infirmières, paysans, professeurs, forains…hommes ou femmes, catholiques, protestants ou athées. Tous ne seront pas inscrits sur la liste des Justes des Nations mais tous auront sauvé un ou plusieurs enfants juifs. Nous pouvons considérer que 300 personnes doivent la vie sauve au Père Fleury et à ses amis.
Nombreux sont ceux qui ont aidé à titre individuel, sans faire parti d’un réseau.
Comment devient-on un Juste lorsqu’on n’appartient pas à un réseau ou une Eglise. L’amitié, la sympathie peuvent pousser le non-juif à risquer sa vie et mettre en péril la sécurité de ses proches pour un juif. Cependant le sentiment patriotique l’emporte avant toute chose.

Dans la plupart des cas, le sauvetage des juifs se manifeste par l’aide au franchissement de la ligne de démarcation et par l’hébergement temporaire dans les familles.

75% des juifs vivant en France ont survécu à la Shoah grâce à l’aide de très nombreux hommes et femmes de cœur.



Article rédigé par Sabine Renard-Darson



LES JUSTES DE LA VIENNE :


BONNAUD Alphée Chauvigny
BOURLAT Suzanne Poitiers
BRAULT Théophile Chaunay
BRAULT Berthe Chaunay
CAILLAUD Jeanne Poitiers
CHAUVEAU Claire Iteuil
DE SAINT SEINE Germain Poitiers
DE SAINT SEINE Simone Poitiers
DE SAINT SEINE Constance Poitiers
DELAGE Louis Saint Laurent de Jourdes
DELAGE Augustine Saint Laurent de Jourdes
DURAND Hélène Poitiers
FLEURY Jean (père) Poitiers
GAUTRON Auguste Poitiers
GAUTRON Roger Poitiers
GAUTRON Rachel Poitiers
GROUSSEAU Maurice Cissé
MARZELLIER Hélène Poitiers
MONTIER Marius Châtellerault
MONTIER ? Châtellerault
OLIVET Pierre Saint-Maurice-la-Clouère
PLANTY Paul Châtellerault
POIRIER Pierrette Poitiers
RENAUD-HENNEQUIN Marthe-Marie Châtellerault
RENAUDIN Aline Poitiers
SARAZIN Moïse Naintré
SARAZIN Margot Naintré
THIBAULT Camille Chauvigny
TOULAT Jacques (fils) Chauvigny
TRICHET Suzanne Poitiers

Un autre article détaille leurs actions : http://www.vrid-memorial.com/LES-JUSTES-DE-LA-VIENNE.html






BIBLIOGRAPHIE

Ont été utilisés pour la rédaction de ces articles les ouvrages et sites suivants :

Marie-Claude ALBERT : Châtellerault sous l’occupation Geste éditions / témoignages
Paul LEVY : Un camp de concentration français : Poitiers 1939-1945 Sedes : regards sur l’histoire
Paul LEVY : Élie Bloch, être juif sous l’occupation Geste éditions / histoire
Roger PICARD : Hommes et combats en Poitou 1939-1945 Martelle éditions
Abbé Jérôme de la ROULIERE : Le clergé poitevin face à la barbarie nazie
http://judaisme.sdv.fr/histoire/rabbins/jobloch/elibloch.htm
http://www.lesfeuillants.com/Vivre/site_150eme/p10.htm
http://www.yadvashem-france.org