L’accrochage de Pleuville

lundi 13 février 2006 dans Répression
L’accrochage de Pleuville et ses différentes étapes sont présentés dans cet article.
La commission inter alliée « IAN » est parachutée dans la nuit du 15 au 16 juin 1944 près de Lussac-les-Châteaux. Elle est composée du capitaine français DELORME, du commandant américain JO GILDEE et du sergent radio canadien Louis BOURGOIN.

Le capitaine Delorme, sous les ordres du lieutenant colonel MICHEL, donne l’ordre è l’escorte de regagner Cherves-Chatelard (16) avec l’intention de rejoindre Joussé ou le Maquis Renard a été inquiété par les Allemands.

A Pleuville, viennent d’arriver 200 soldats SS près de l’église, se sont les fantassins de la TRUPP motorisée 608. A cet instant, une moto transportant 2 maquisards du groupe D1, venant de Pressac, arrive au bourg de Pleuville pour se diriger vers Charroux. Le hasard veut que la moto précède d’environ 100 mètres la voiture du capitaine Delorme.

Près du monument aux morts, des Allemands tirent sur la moto qui continue sa route malgré un blessé. Puis les Allemands attaquent la voiture. Le capitaine veut faire marche arrière mais ne peut pas. Mandinaud, le chauffeur, est grièvement blessé et ne peut descendre de la voiture. Il est tué d’une balle en pleine tête. Delorme, Gildee et le lieutenant André Very peuvent se cacher derrière un coin de mur. Bourgoin, quant à lui, se dirigeant vers les champs, « est tiré comme un lapin » et succombe. Déjà les maisons brûlent à Pleuville, 17 sont entièrement détruites.

Après avoir pris position dans le clocher et tiré sur tout ce qui bouge, ils se dirigent vers « les Ecures » : une partie par le chemin de FELLET et l’autre, par la route en direction de Pressac. Les maquisards de RAF prévenus par Lucien CHAUSSONNAUD de Pleuville peuvent prendre leurs armes et se disperser : cette initiative a certainement sauvé des vies.

Vers 16 heures, les premiers éléments allemands arrivent à l’entrée de Pressac, conduits par un milicien français. Cette commune ne doit pas être prévue dans l’ordre de mission car ils font demi tour et reviennent aux Ecures où ils mettent le feu aux gerbiers et se regroupent pour continuer à incendier les bâtiments.

Un détachement du maquis Maurice arrive en renfort avec des éléments des maquis Adolphe et Joël. Une partie prend position sur le champ de foire et l’autre partie s’arrête à Thorigné pour organiser l’encerclement.

Au moment du déploiement, les Allemands incendient les bâtiments : les premiers coups de feu éclatent et l’accrochage est très violent. Après l’incendie des maisons du bourg (ce sont les fermes des Ecures et les gerbiers qui ont été détruits), l’intensité du combat ne diminue qu’avec la tombée de la nuit. Les hommes se replient et doivent revenir à « Thorigné » où doit s’effectuer le regroupement.

Les pertes allemandes, selon Max SURVILLE, sont : 10 tués, 25 blessés et 3 camions détruits et du coté due la Résistance : 4 tués (le sergent radio canadien Louis Bourgoin et les maquisards Mandinaud du maquis Bayard, Jarassien et Kening du maquis RAF) et 2 blessés.