Situation générale de la Résistance dans la région de Rouillé (Vienne) en juin 1944

mardi 3 juillet 2007 dans Maquis
Le camp d’internement de Rouillé libéré par la résistance locale, de nombreux anciens internés rejoignent les rangs du maquis de Saint-Sauvant et poursuivent la lutte contre l’armée d’occupation nazie.

Le camp de Rouillé

Le Commandant "Christian" au cours d'une cérémonie à Rouillé

Camille Brunier, créateur de la maquette du camp de Rouillé en 2012

Camille Brunier et la maquette des abords du camp de Rouillé

Depuis le 6 septembre 1941, un camp d’internement administratif est ouvert à
Rouillé. C’est « un centre de séjour surveillé » qui reçoit plusieurs catégories de prisonniers.

Fin 1943 un comité de la Résistance est mis en place à Rouillé par le colonel Sidou alias « Antoine » alias « Ledoux ». Il est composé du docteur André Cheminée, Georges Debiais, Camille Lombard et Marcel Papineau. Des contacts sont noués avec les chefs régionaux F.T.P. : Charles Dubois alias commandant « Christian », Louis Mamy alias « Jean » et Joseph Fraud alias « Victor ». De petits groupes de francs-tireurs sont constitués par des patriotes habitant dans les villages et hameaux, se regroupant la nuit pour conduire leurs actions. Celles-ci consistent en des missions de harcèlement : sabotages sur les voies ferrées, attaques de véhicules allemands.

Le débarquement allié sur les plages de Normandie a lieu le 6 juin 1944. Le soir même le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire de la France exhorte les F.F.I. à « combattre l’ennemi par tous les moyens ». Son appel est immédiatement relayé par le colonel Chêne alias « colonel Bernard », chef des F.F.I de la Vienne : « J’engage chacun à faire son devoir, car nous n’avons plus d’autres choix que la liberté ou la mort ». A partir de ces événements « la bataille de France » devient « la bataille de la France » comme l’a qualifiée le général de Gaulle. Les résistants F.F.I. de la région vont se montrer à la hauteur de l’événement et tout particulièrement les groupes F.T.P. de la région de Rouillé, Saint-Sauvant et Sanxay.



Evolution du contexte après la libération du camp d’internement :

Les groupes de résistants de la région de Rouillé, St Sauvant, Sanxay, sous la direction du commandant « Christian », libèrent le camp de Rouillé dans la nuit du 10 au 11 juin 1944. Des internés pour la plupart d’origine étrangère préfèrent rejoindre la résistance locale plutôt que de profiter de leur liberté retrouvée. Ils forment un maquis commandé par Marcel Papineau alias capitaine « Bernard ». Ils gagnent le Bois des Cartes sur la commune de Rouillé pour y faire leur campement et mènent aussitôt des actions de sabotages et de harcèlement contre l’armée d’occupation.

Le groupe manque d’armes. Celles qu’ils possèdent ont été prises aux G.M.R. lors de l’attaque du camp de Rouillé et aux soldats allemands lors des embuscades sur les véhicules circulant sur les routes nationales 10, 11, 150. Trois fusils mitrailleurs et deux bazookas ont été rapportés de l’état-major allié par « Christian » et Maurice Fuzeau alias « Marc ». Une demande de parachutage d’armes est faite immédiatement par « Christian » et « Marc » auprès de l’état major F.F.I. . Il est prévu le 20 juin sur la ferme du Poyau située entre les bourgs de St Sauvant et de Rom.

Le 14 juin, après l’attaque d’une voiture allemande transportant un officier, une fusillade éclate entre les maquisards et un camion allemand rempli de soldats armés de mitraillettes et de grenades, arrivé par surprise de la place du Puits à Rouillé. Le soir même, le groupe évacue les Bois des Cartes et gagne, par des chemins, la forêt de St Sauvant. Le nouveau campement est installé près de la ferme abandonnée de la Branlerie dont les bâtiments vont servir de quartier général au maquis mais aussi de lieu de détention pour les soldats allemands faits prisonniers les jours précédents. L’effectif du maquis va considérablement augmenter avec l’arrivée de nouveaux résistants comme le gendarme Paul Fergeault, mais aussi d’hommes en transit. Raymond Faideau et Gilbert Botton, étudiants, attendent d’être transférés à l’état-major du« colonel Bernard »pour être mis à la disposition du 1ier S.A.S du major Tonkin, comme interprètes.

Lexique :
F.F.I. : Forces Françaises de l’Intérieur

F.T.P. : Francs-Tireurs et Partisans

G.M.R. : Groupes Mobile de Réserve

S.A.S. : Special Air Service : commando parachutistes britanniques

Article rédigé par Jacques PAPINEAU