Maquis CHARLES, témoignage de Mme Yvette Ponsonnet recueilli par Jacques Rigaud

vendredi 21 mars 2014 dans Maquis
Le Maquis Charles (secteur D de Vienne-sud à Champagné St Hilaire) C’est en janvier 1944 que Charles PETIGNAT constitua avec un groupe de « réfractaires » cachés dans la région depuis le mois d’août 1943 son groupe de Résistants de Champagné Saint Hilaire. Il s’adjoint Georges PONSONNET avec qui il a fait connaissance au début de 1941 et qu’il avait chargé de constituer une « sizaine » à Champagné.

Georges Ponsonnet au Bois Coursier

Georges Ponsonnet 8-1942 Champagné St Hilaire

Georges Ponsonnet et Mr Dauxerre 16-8-1942

Les faits se déroulent au moment de la retraite de l'armée allemande de l'été 1944 sur les routes de la Vienne après le débarquement de Normandie, principalement la colonne Elster en août 1944.

Ensemble et avec leurs recrutements, ils organisent le Maquis CHARLES qui obtient deux parachutages d’armes et de matériel le 11 février et le 10 août 1944 à environ 3 kms des haras de Champagné St Hilaire occupés par l’armée Allemande, qui leur permettent diverses actions dans le secteur, notamment des embuscades et quatre sabotages de la voie ferrée Paris-Bordeaux. La fourniture des renseignements sur l’occupant et l’aide qu’ils apportent aux réfractaires ( hébergement, nourriture, travail), en attendant la constitution du groupe d’actions furent très appréciées par la Résistance. Le Maquis CHARLES apporte sa participation à l’attaque des haras au cours de laquelle Georges PONSONNET est blessé, capturé et assassiné ; deux autres patriotes y perdent aussi la vie. Après l’incendie du bourg de Champagné, un groupe continue la Résistance sur la route de Vivonne, retardant les convois, détruisant du matériel et anéantissant une partie des occupants.
Après la Libération, le Maquis CHARLES constitue la 5ème compagnie du 3ème bataillon du 125ème RI pour continuer la lutte sur le front de l’Atlantique.

Lieutenant Georges PONSONNET, héros du Maquis CHARLES

Georges PONSONNET est né à Paris le 25 novembre 1905. Après un apprentissage d’ajusteur, il prend des cours et devient comptable. Grand sportif et passionné, il participe à des compétitions d’athlétisme et de cross-country de haut niveau avec de bons résultats. Venu en vacances à Champagné St Hilaire, il apprécie cette région et fait la connaissance de Gilberte BIBAULT qu’il épouse le 2 août 1930. Le couple va vivre à Paris où Georges exerce son métier de comptable.
Au cours de l’été 1940, la famille quitte la capitale du fait de l’occupation et vient habiter à Champagné chez les beaux-parents. Pour vivre, n’ayant pas de travail, il monte une entreprise de carbonisation dans le bois des COUSSIERES qui progresse rapidement et emploie clandestinement des jeunes réfractaires du STO. Parallèlement, Georges reprend des activités sportives et met sur pied une équipe locale d’athlétisme qui obtient d’excellents résultats ainsi que diverses autres animations dont la natation et des loisirs devenus rares dans cette période d’occupation. C’est au retour d’une épreuve sportive à Poitiers au début de 1941 qu’il fait à ANCHE la connaissance de Charles PETIGNAT . C’est le début de leurs relations qui deviennent importantes pour le déroulement de la Résistance dans ce secteur où il devient le responsable. Il y crée une « sizaine » en recrutant des hommes de grande confiance pour former un noyau de Résistants qui apportent leur concours au Maquis CHARLES et notamment dans la distribution et le camouflage des armes et des munitions, l’utilisation des réfractaires du STO malgré le danger encouru.
Après la récupération des 44 containers du parachutage du 10 août près de la route de Marnay, ses hommes transportent le matériel et malgré la fatigue de cette opération s’engagent pour participer à l’action décidée contre les haras en surveillant le bois des COUSSIERES route de Vivonne afin de parer à une échappée des Allemands. C’est pourtant au cours de la lutte engagée avec la colonne allemande arrivant en ce lieu, que Georges PONSONNET est blessé et pris les armes à la main, torturé, martyrisé. Pourtant il ne parla pas et périt sous un acharnement féroce. Son corps affreusement mutilé est enterré de nuit.

Le lieutenant Georges PONSONNET a été cité à l’ordre du Corps d’armée avec l’attribution de « la Croix de Guerre 1939 -1945 »(Etoile de bronze).


PS : Texte créé par Jacques RIGAUD en tenant compte de :
• La documentation fournie par la famille : Madame Yvette PONSONNET
• L’historique de la Résistance du Ministère des Armées
• Les souvenirs des Anciens Résistants du secteur Vienne-sud