
mardi 27 janvier 2004 mis en ligne par Roland BARRAT.
Un des réseaux les plus importants du département de la Vienne créé dès l’été 1940.
Il demeure au moment où ces lignes sont diffusées sur Internet trois témoins rescapés du réseau Louis Renard : André Guillon, Francis Texier et Jean Tartarin qui furent parmi les premiers du Réseau et qui connurent de 1942 à 1945 l’enfer des camps de concentration. Le 31 août 1940, Louis Renard, avoué à Poitiers, glorieux combattant de la guerre 14-18, officier de la Légion d’honneur, grand mutilé de guerre, qui, mobilisé en 1939 comme agent de liaison entre les troupes anglaises et françaises, faisait parvenir au Général de Gaulle à Londres une lettre dans laquelle il se mettait à la disposition du chef de la France Libre et lui demandait ses instructions en lui rendant compte de la situation en France occupée. Dans le même temps se mettait en route une feuille d’information clandestine « Le Libre Poitou ». D’un patriotisme ardent, Louis Renard lançait une organisation qui dès la fin de 1940, selon son compagnon Henri Auroux, préfigurait ce que seraient en 1943 et 1944 les différents mouvements de la Résistance française. Dans le même temps, août 1940, où Louis Renard lançait les bases de son réseau, un huissier de justice lui-même ancien combattant de la guerre 14-18, le commandant Gaston Chapron, dont l’étude était proche de celle de M. Renard, constituait un premier groupe de onze personnes issues de tous les milieux, dont les objectifs étaient : le sabotage, le renseignement, l’organisation de filières pour la passage de la ligne de démarcation. Le 7 avril 1941, un bombardier anglais chargé de la surveillance des cuirassiers allemands Scharnost et Gneissau en rade de Brest où ils sont réfugiés, pris dans un orage, se voit contraint d’atterrir dans un champ près de la commune de Maillé. Les Anglais sont pris en charge par des membres du réseau Chapron, empruntent les filières créées et gagnent Marseille. Des liaisons sont effectuées avec les départements limitrophes : Touraine, Vendée, Charente, Deux-Sèvres. Le réseau entre ensuite en contact avec l’Armée Volontaire et l’Organisation Renard devient un réseau de renseignements de la France Combattante. Les renseignements amassés par M. Renard et ses amis étaient ensuite transmis à Londres par Radio. Il s’agissait de renseignements concernant les déplacements des troupes allemandes, les travaux de défense de la côte atlantique, le recrutement d’agents, la recherche des terrains de parachutage, filières et passages de la ligne de démarcation… Tandis que se poursuivait le noyautage des administrations, la recherche des terrains de parachutage et d’atterrissage des Lysanders, la recherche de filières de passage, la diffusion du Libre Poitou, le réseau, dont les fonds furent fournis au départ par ses membres,- s’étoffait. Au moment de son démantèlement, il comptait 72 agents P1, 92 agents P2 et 10 occasionnels. Le réseau était enregistré à Londres sous le numéro 10051. L’indicatif pour les messages personnels fut notamment : « Tante Gertrude est très mal ». 1942 allait être l’année noire du réseau dont les Allemands ont dit et écrit : « L’affaire Renard a passionné la France et l’Allemagne. Les services de la Gestapo chargés de veiller à la sécurité des troupes allemandes n’avaient pas encore découvert en 1942, de véritables réseaux de Résistance. Nous nous trouvions en présence d’un réseau complet et organisé ». Une imprudence fait que l’existence du réseau est découvert à Niort. Un paquet est découvert à la Poste de Niort contenant des documents témoignant d’une activité clandestine à Poitiers, au cours d’un sondage ordonné par le Directeur des Postes. L’information est transmise au Préfet des Deux-Sèvres puis au Préfet régional qui siège à Poitiers. Périrent en Allemagne : Aguillon, Billard, Bonnin, Bordas, Cartan, Charpentier, le chanoine Duret, Gaston Hulin, Joseph Riedinger, André Verbruggen. Restent témoins : André Guillon et [Francis Texier -> art 209] Le réseau Louis Renard fut par la suite rattaché au réseau CND Castille du Colonel Rémy (Gilbert Renaud). Ceux qui avaient échappé à l’arrestation et à la déportation rejoignirent ce réseau ou d’autres réseaux en continuant la lutte sous les ordres du général de Gaulle, jusqu’à la Libération !
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