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Jean Dousset déporté à Buchenwald (résumé)

vendredi 12 novembre 2004 mis en ligne par L’équipe VRID.

Le parcours de Jean Dousset dans la "Petit Camp" de Buchenwald lors de son arrivée au camp.

Jean DOUSSET KLB 30632 à BUCHENWALD


Après avoir été arrêté, transféré à la prison de la Pierre Levée de Poitiers puis au camp de Compiègne, Jean Dousset est déporté en Allemagne en 1943.
Après 2 longues journées, à plus de cent par wagons, sans eau ni nourriture, il arrive à Buchenwald le 26 novembre 1943.
Son récit, extrêmement précis, détaille les différentes étapes de son parcours au « Petit Camp », antichambre du « Grand Camp » ou d’un départ vers un des commandos dépendant de Buchenwald.

Dès son entrée dans le camp, il est frappé par le froid mais surtout par la brutalité des gardiens : « les grands arbres givrés, couchés par le vent et la tempête, souhaitèrent la bienvenue à cette horde d’êtres affamés et transis dont je faisais parti ».
Il sut, de suite, qu’il était arrivé au bagne : « puisque certaines « gens » que nous voyions circuler, avaient revêtu la sinistre tenue rayée ».

Son parcours se déroule ainsi : tonte, douche (avec un « savon qui ressemblait plus à de la sciure de bois qu’au savon de Marseille »), désinfection, habillage (dont les « spécialistes » recherchaient « le meilleur effet burlesque » et s’amusaient « de l’effet produit »), en un mot déshumanisation.

Après avoir ni mangé ni dormi pendant 2 jours, peut-être plus, il est affecté au block 52, comme la plupart des Français. Dans cette baraque, longue d’une quarantaine de mètres sur huit à dix de long, s’entassaient les détenus (« Nous étions si nombreux qu’il nous était impossible de dormir sur le dos, nous dormîmes donc tête-bêche, sur le côté, serrés les uns contre les autres »).

Réveillés en pleine nuit, les détenus se retrouvent dans la nuit glaciale avec leurs simples hardes. Pouvant rester une, voire deux heures au garde-à-vous, sous la persuasion des « gummis ou autres engins à caresses » des gardiens, Jean Dousset se souvient avoir admiré « les grands arbres givrés qui penchaient leurs têtes blanches à toucher le sol ».

Il devait savoir, aussi, non seulement reconnaître son numéro, en allemand mais aussi savoir le prononcer « sinon les sanctions étaient sévères ».
C’est aussi ce matin là qu’un des gardiens leur signifia, en français : « Ici, dans ce camp de concentration, vous n’êtes qu’un numéro, il nous suffit de le gommer pour que vous disparaissiez ».

Les jours qui suivirent, Jean Dousset les passa à éviter les coups et à faire la queue pour son bol de « soupe » ou, tout du moins, à ce qui y ressemblait.
Il dut passer la plupart de ses journées dehors, la baraque étant très souvent interdite, dans le froid, en cherchant à s’abriter.

Il y eut ensuite les séances de piqûres. Il ne savait pas ce qu’elles contenaient mais il pense que c’était pour réduire les risques d’épidémies.

Il estime que cette « cour des miracles » devait rassembler entre cinq et huit mille personnes de tous âges, de toutes confessions, de toutes nationalités, ..., qui attendaient leur transfert au « Grand Camp » ou dans un Kommando (« ce qui était la hantise »).

Dans cet univers, « le moindre objet - bouton, épingle à nourrice, aiguille, boîte en fer blanc - prenait ici une valeur insoupçonnée ailleurs. Les échanges donnaient lieu à de longues palabres qui se terminaient souvent par de véritables batailles à l’issue desquelles les moins astucieux et les moins forts se retrouvaient dépouillés et rossés ».

Jean Dousset, comme tous les détenus du « Petit Camp » apprit les conditions d’internement du « Grand Camp ». Environ 40 000 détenus s’y trouvaient. Ils travaillaient dans les usines ou à la carrière situées autour du camp, portaient tous la tenue rayée et arboraient, chacun, une coupe de cheveux différente mais aussi des plus dégradante.
Tous les jours, très tôt le matin et en fin d’après-midi, ils entendaient la fanfare du camp qui se produisait au moment où les détenus du « Grand Camp », « après avoir été comptés et recomptés », se rendaient au travail. Les musiciens bénéficiaient d’un régime assez doux. Ils « portaient la tenue des musiciens de cirque d’Outre-Rhin : culotte rouge, tunique, béret bleu et bottes noires souples ».
Les détenus du « Petit Camp » ne connaissaient le « Grand Camp » que pour le traverser « de bon matin, traînant plus que ne portant ces énormes et si lourds bidon d’eau chaude, le café du matin".

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